đą Communication, pouvoir et influence : comment le bruit a remplacĂ© le sens (et pourquoi ça marche encore)
Lecornu II sous Lexo, influenceurs sous cacheton, marques en overdose de branding et IA sous acide: bienvenue dans la semaine oĂč la communication est hallucinĂ©e⊠mais vend toujours autant de rĂȘve !
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đą Communication et relations publiques
âïž Lecornu II : Casting cinq Ă©toiles ou pĂ©tard mouillĂ© ?
Un nouveau gouvernement sort du chapeau de lâĂlysĂ©e ce dimanche soir, avec 34 ministres au compteur â un record digne dâun blockbuster politique. Emmanuel Macron mise sur SĂ©bastien Lecornu pour reprendre la barre, en renouvelant profondĂ©ment lâĂ©quipe : dâanciens visages de la droite font leur entrĂ©e, au risque de brouiller les cartes. Lâambiance en coulisses oscille entre mains serrĂ©es devant les camĂ©ras et couteaux tirĂ©s dans le dos.
Car derriĂšre les sourires de la photo de famille officielle, lâopposition crie dĂ©jĂ au « bras dâhonneur » â sic â et dĂ©gaine des motions de censure Ă peine lâannonce faite. Pas le temps de dĂ©rouler le storytelling de « lâaction au service des Français » que le rĂ©cit mĂ©diatique bascule : ce gouvernement Lecornu II sera-t-il seulement un feu de paille communicationnel ?
Les communicants de Matignon devront jouer finement pour transformer cette défiance généralisée en adhésion, et éviter que le slogan du jour (« stabilité ») ne se transforme en fiasco politique en accéléré.
đ General Motors fusionne commâ et marketing : la fin des silos ?
Un big bang communicant secoue Detroit. Chez General Motors, la nouvelle patronne de la comâ Lin-Hua Wu se voit confier en plus les rĂȘnes du marketing â un mariage de raison entre deux mondes longtemps cloisonnĂ©s. Wu, ancienne de Google et Dropbox, devient ainsi chef dâorchestre 360° de la rĂ©putation et de la promotion de GM. Objectif affichĂ© : « cohĂ©rence stratĂ©gique sur les contenus owned, earned, paid », promet la direction.
En clair, aligner la parole et lâimage de la marque sur tous les canaux. Fini les guerres de territoire entre les Ă©quipes communication et marketing ?
Ce mouvement illustre une tendance lourde : la convergence des fonctions pour raconter une histoire de marque unifiĂ©e. Reste Ă voir si, dans les faits, la greffe prendra sans heurts â et si dâautres multinationales suivront, ou si GM fait figure de laboratoire audacieux. En coulisses, on chuchote que Wu a obtenu carte blanche auprĂšs de Mary Barra pour secouer la maison⊠et quelques egos au passage.
đŠ Qonto recrute une raconteuse dâhistoire de marque
La nĂ©obanque française Qonto a soif de renouveau dans son storytelling et mise sur Julie RĂ©gis pour y parvenir. FraĂźchement nommĂ©e directrice de la marque et de la communication chez Qonto le 9 octobre, cette experte passĂ©e par des fintech et scale-ups aura la mission de muscler lâidentitĂ© de marque de la startup bancaire. Son credo : allier rigueur bancaire et ton dĂ©calĂ© propre Ă la fintech pour se diffĂ©rencier.
Dans les tuyaux, dâaprĂšs nos informations, un repositionnement du discours Qonto autour de la libertĂ© entrepreneuriale, avec une pincĂ©e de second degrĂ©. Julie RĂ©gis, connue pour son sens de la formule et son approche data-driven de la comâ, rejoint une Ă©quipe qui ambitionne dâĂ©tendre la prĂ©sence de Qonto en Europe. Son arrivĂ©e, annoncĂ©e en fanfare dans la presse spĂ©cialisĂ©e, est un signal : Qonto veut raconter une histoire forte et ne plus ĂȘtre seulement perçue comme une autre appli financiĂšre.
Challenge : naviguer entre ton corporate rassurant (confiance oblige, on parle dâargent) et fraĂźcheur startup. On attend de voir les premiers effets de sa patte lors de la prochaine campagne pub de Qonto⊠à suivre de prĂšs.
đš PublicitĂ© et crĂ©ation
đ«¶ Un doigt dâhonneur viral contre la maladie de Charcot
Sept visuels audacieux montrent des malades de la SLA levant le majeur pour dĂ©fier la maladie. âTant quâil nous restera des forcesâ â câest le nom coup de poing de la campagne nationale que lâARSLA vient de lancer pour soutenir la recherche sur la maladie de Charcot.
Le geste central ? Un doigt dâhonneur adressĂ© Ă la SLA, rĂ©alisĂ© mĂȘme par des patients quasi paralysĂ©s, symbole dâune dĂ©termination farouche. ParrainĂ©e par Brigitte Macron et Denis Brogniart, lâinitiative mise sur un film Ă©mouvant et une sĂ©rie dâaffiches chocs oĂč lâon voit des malades Ă diffĂ©rents stades lever fiĂšrement le majeur.
Un geste vulgaire ? Non, un cri de dignitĂ©, clame lâagence Fred & Farid, qui signe cette crĂ©ation. La campagne, diffusĂ©e bĂ©nĂ©volement en affichage, presse et rĂ©seaux sociaux tout octobre, bouscule les codes du mĂ©dical compassĂ©. Pari gagnant : le buzz solidaire prend sur le web, oĂč le hashtag #DoigtDHonneurChallenge invite chacun Ă poster son majeur tendu en soutien.
Quand la pub sâempare dâun symbole de rĂ©bellion pour la bonne cause, lâimpact est au rendez-vous â bravo Ă cette crĂ©ativitĂ© engagĂ©e qui retourne le stigmate de lâinsulte en message dâespoir.
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đ§ Columbia casse la pub outdoor (et quelques tabous)
La marque dâoutdoor Columbia Sportswear franchit un cap avec sa nouvelle campagne automne-hiver⊠en misant sur lâabsurde total ! Sur fond de montagnes enneigĂ©es, des slogans volontairement osĂ©s et Ă double sens interpellent le randonneur avisĂ©. « Quitte Ă avoir une paire de⊠autant les garder au chaud », clame une affiche en montrant des chaussures de trek robustes.
Plus loin, « ProtĂšge des dĂ©cisions, pas des dĂ©cisions Ă la con » â allusion mi-grivoise, mi-morale sur la nĂ©cessitĂ© dâun bon Ă©quipement et de bon sens en montagne. Columbia renoue ainsi avec lâhumour irrĂ©vĂ©rencieux de ses pubs 80âs, adaptĂ© en français par TBWA\Paris. Ton dĂ©calĂ©, audace visuelle, accroches qui secouent : la campagne se dĂ©marque clairement des communications outdoors convenues.
Il fallait oser évoquer subtilement les « paires » (de chaussettes⊠ou pas) et autres sous-entendus coquins pour vendre des vestes et des boots ! Le public jeune adulte adore : sur les réseaux, les visuels font un tabac, preuve que la vieille marque US sait encore surprendre. Columbia réussit un coup double : rappeler la robustesse technique de ses produits tout en affichant une personnalité fun et complice.
Une façon de dire : pour affronter les Ă©lĂ©ments, mieux vaut garder son sens de lâhumour bien au chaud lui aussi.
đ Superprof fait sa rentrĂ©e sans superpouvoirs
Comment promouvoir des cours particuliers dans un monde abreuvĂ© de rĂ©cits de super-hĂ©ros ? Superprof a trouvĂ© la parade : une campagne internationale qui dĂ©boulonne le mythe du gĂ©nie tombĂ© du ciel. Dans son nouveau spot, un Ă©lĂšve triomphant de son exercice de maths nâa rien dâun mutant â il a juste bĂ©nĂ©ficiĂ© dâun prof particulier au top. « Spoiler : si tâas rĂ©ussi ton exo, câest pas grĂące Ă un superpouvoir apparu cette nuit⊠», clame la pub avec humour.
Lâagence 87seconds signe une sĂ©rie de vidĂ©os web oĂč lâon âcasse la magieâ façon comics pour remettre du rĂ©el dans la rĂ©ussite scolaire. Pas de cape ni de rayon laser : derriĂšre chaque Ă©lĂšve qui progresse, il y a un Superprof, insiste le message. La campagne, diffusĂ©e dans plusieurs pays, joue sur un ton espiĂšgle et un graphisme inspirĂ© de la BD pour parler aux ados comme aux parents geeks.
Retour sur terre bienvenu Ă lâheure oĂč la tendance est Ă la surenchĂšre fantastique. Le pari de la sincĂ©ritĂ© â reconnaĂźtre que la rĂ©ussite vient du travail et de lâaccompagnement â sâavĂšre rafraĂźchissant. Une opĂ©ration qui repositionne Superprof en mentor bienveillant plutĂŽt quâen simple plateforme, et rappelle que la vraie formule magique de lâĂ©ducation, câest le duo Ă©lĂšve-prof. Abracadabra : lâordinaire a du bon.
đŁ Marketing et plateformes
đ” Meta ouvre la chasse aux abonnĂ©s sans pub
Pub ou rab ? Meta teste en ce moment le pouvoir du sans-publicitĂ© payant. AprĂšs lâEurope, câest au tour des utilisateurs britanniques de se voir proposer Facebook et Instagram en version ad-free pour ÂŁ3.99 par mois sur mobile. Une formule dâabonnement qui, pour Meta, vise Ă compenser les restrictions imposĂ©es par Bruxelles sur le ciblage pub â et Ă gratter de nouveaux revenus au passage.
Pour les annonceurs, câest la soupe Ă la grimace : chaque internaute qui paiera son Ă©cot pour esquiver les pubs, câest du reach en moins dans les campagnes. Sur un marchĂ© UK dĂ©jĂ en berne, lâidĂ©e dâune audience encore plus morcelĂ©e inquiĂšte. Meta assure que peu de gens souscriront et que lâimpact sera « minimal ». Mais si lâoption sĂ©duit les plus jeunes, adeptes dâun fil dâactu Ă©purĂ©, câest tout lâĂ©cosystĂšme pub en ligne qui pourrait trinquer. Ironie du sort, voilĂ Meta â champion du gratuit financĂ© par la pub â qui valorise soudain lâexpĂ©rience sans pub. Une volte-face dictĂ©e par la rĂ©gulation : privacy first, clame lâUE, Meta rĂ©pond abonnements en vue.
Mark Zuckerberg joue sur deux tableaux, et les marketeurs devront sâadapter Ă cette nouvelle donne oĂč le consommateur peut acheter son silence publicitaire. Un Ćil sur les KPIs, lâautre sur les taux de souscription⊠Welcome dans lâĂšre du « Pay to Ignore Ads ».
đșđž TikTok en passe de devenir (un peu) amĂ©ricain ?
Le feuilleton « TikTok sera-t-il banni ? » connaĂźt un rebondissement de taille : un dĂ©cret signĂ© par la Maison-Blanche ouvre la voie Ă une prise de contrĂŽle amĂ©ricaine du rĂ©seau social chĂ©ri des ados. En clair, ByteDance, la maison-mĂšre chinoise, nâen possĂ©derait plus que 20%, le reste passant aux mains dâinvestisseurs occidentaux.
Washington prĂ©sente ce montage comme un compromis in extremis pour Ă©viter un bannissement pur et simple. Les agences social media retiennent leur souffle : TikTok restera-t-il le mĂȘme sous tutelle US ? Algorithme sous influence ou indĂ©pendance prĂ©servĂ©e ? Pour les marques, lâenjeu est Ă©norme, tant TikTok est devenu un passage obligĂ© des plans marketing ces derniĂšres annĂ©es. Un changement dâactionnaire majoritaire pourrait apaiser les craintes sur la sĂ©curitĂ© des donnĂ©es â et donc rassurer les annonceurs frileux. Mais il pourrait aussi Ă©ventuellement entraĂźner des modifications dans les politiques de modĂ©ration de contenu, voire lâintroduction de passerelles avec dâautres plateformes US. Pour lâinstant, lâincertitude demeure sur lâidentitĂ© des « certains investisseurs » qui rafleraient la mise.
La Silicon Valley en salive : qui de Microsoft, Oracle ou un conglomĂ©rat surprise tirera profit de lâaubaine ? Quoi quâil en soit, marketeurs, accrochez-vous : le TikTok de 2026 ne sera peut-ĂȘtre plus tout Ă fait celui que vous connaissiez. PrĂ©parez vos plan B sur Reels et Shorts, on ne sait jamaisâŠ
đŁïž ChatGPT se met en rĂ©clame (et ça change tout)
700 millions dâutilisateurs hebdos⊠et pas une pub Ă leur afficher ? Pas pour longtemps. OpenAI prĂ©pare la monĂ©tisation publicitaire de ChatGPT. La startup a discrĂštement postĂ© des offres dâemploi liĂ©es Ă une plateforme publicitaire â de quoi deviner lâarrivĂ©e prochaine de promos sponsorisĂ©es dans les rĂ©ponses de lâIA grand public la plus cĂ©lĂšbre du monde.
Imaginez : vous discutez voyage avec ChatGPT, il pourrait vous suggĂ©rer un hĂŽtel partenaire, subtilement glissĂ© dans la conversation. Pour les marques, câest un nouvel eldorado qui se profile, avec accĂšs Ă une audience colossale dans un contexte dâusage inĂ©dit. Mais gare au bad buzz : la frontiĂšre entre rĂ©ponse neutre et recommandation payante sera trĂšs fine. Sam Altman, le patron dâOpenAI, promet de jouer la transparence absolue pour ne pas briser la confiance des usagers.
Petit frisson chez Google : si lâIA conversationnelle devient un mĂ©dia Ă pubs, câest toute lâĂ©conomie de la recherche en ligne qui pourrait ĂȘtre bousculĂ©e. On nâen est pas encore lĂ â lâ« expĂ© pub » de ChatGPT nâen serait quâaux balbutiements â mais les annonceurs affĂ»tent dĂ©jĂ leurs budgets. Entre excitation (une nouvelle maniĂšre dâatteindre le consommateur) et prudence (comment Ă©viter que lâIA ne dilue le message de marque ?), le marketing sâapprĂȘte Ă explorer ce far west conversationnel.
Le futur de la pub se chuchoterait-il Ă lâoreille de ChatGPT ?
đ„ Influence et crĂ©ateurs de contenu
đ AWNY crĂ©e le LinkedIn des crĂ©ateurs
Annonce à Advertising Week New York : un réseau mondial pour connecter marques et créateurs, avec paiement rapide à la clé.
Le monde de lâinfluence a dĂ©sormais son « club business ». Durant Advertising Week New York, lâorganisation AWNY a dĂ©voilĂ© le premier rĂ©seau mondial de la creator economy.
LâidĂ©e ? RĂ©unir sur une mĂȘme plateforme crĂ©ateurs de contenu, agences et annonceurs pour faciliter les collaborations â et surtout garantir un paiement en temps rĂ©el des crĂ©ateurs. PortĂ© par la startup Breakr, ce network international entend casser la pratique toxique des paiements Ă 60 ou 90 jours qui plombe la trĂ©sorerie des influenceurs. « On veut arrĂȘter le cirque oĂč 90% des crĂ©ateurs galĂšrent financiĂšrement », martĂšle Anthony Brown, cofondateur de Breakr, qui pilotera le projet.
ConcrĂštement, dĂšs le premier trimestre 2026, des hubs seront lancĂ©s aux Ătats-Unis et au Royaume-Uni, puis Ă Mexico, Tokyo et Sydney. Les marques pourront « faire leur shopping de crĂ©ateurs » sur la plateforme, promesse dâun sourcing plus simple et de campagnes plus rapides. Surtout, elles dĂ©poseront les fonds Ă lâavance, permettant aux influenceurs dâĂȘtre payĂ©s instantanĂ©ment une fois la mission rĂ©alisĂ©e. Dans un contexte oĂč le mĂ©tier de crĂ©ateur attire toujours plus mais reste prĂ©caire, cette initiative fait figure de bouffĂ©e dâair.
LinkedIn for Creators ou Airbnb de lâinfluence, peu importe le surnom : lâessentiel est que le rapport de force pourrait sâĂ©quilibrer un peu en faveur de ceux qui crĂ©ent la valeur (et les vues).
Rendez-vous en 2026 pour voir si la promesse est tenue â et si les crĂ©ateurs du monde entier crient enfin « banco ! » plutĂŽt que « payez-moi svp⊠».
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đ GP Explorer 3 : les sponsors sur la ligne de dĂ©part (et dâarrivĂ©e)
LâĂ©vĂ©nement GP Explorer 3 â la course automobile entre youtubeurs qui a enflammĂ© le Mans le week-end dernier â nâa pas seulement couronnĂ© des pilotes en herbe, il a aussi fait vibrer des marques par dizaines.
Jamais un rassemblement dâinfluenceurs nâavait autant ressemblĂ© Ă un salon marketing Ă ciel ouvert. Dans les stands et sur la piste, les collaborations crĂ©ateurs-entreprises ont fusĂ© comme des bolides.
Exemple ? Etam, habituĂ©e des podiums de mode, a sponsorisĂ© lâĂ©curie de la star LĂ©a Elui et profitĂ© de lâoccasion pour mĂȘler lingerie et sport auto dans un photoshoot insolite.
Lego a carrĂ©ment assemblĂ© une Formule 4 grandeur nature en briques, qui a roulĂ© sur le circuit devant des millions de viewers Ă©bahis. Wilkinson Sword a mis en scĂšne une « course des lĂ©gendes » avec dâanciens pilotes youtubeurs, histoire de raser la concurrence en matiĂšre dâactivation fun.
Et la liste continue : Andros a envoyĂ© un TikTokeur faire du stop jusquâau circuit en distribuant sa pĂąte Ă tartiner aux fans ; Duolingo a dĂ©guisĂ© sa mascotte en influenceuse lifestyle pour un vlog dĂ©jantĂ© ; Netflix a offert des tours de piste Ă des crĂ©ateurs sur bolides Alpine⊠Bref, le GP Explorer sâest muĂ© en foire Ă lâinnovation marketing, oĂč chaque marque rivalisait de crĂ©ativitĂ© pour capter un morceau de lâattention gargantuesque gĂ©nĂ©rĂ©e par Squeezie et consorts. Bilan : jackpot dâaudience pour les sponsors (et du contenu Ă gogo pour les influenceurs).
Cet Ă©vĂ©nement hybride divertissement-publicitĂ© prĂ©figure peut-ĂȘtre le futur : des happenings XXL oĂč la frontiĂšre entre compĂšte amicale et opĂ©ration de comâ huilĂ©e se fait de plus en plus fine. Tout le monde y trouve son compte â surtout le public, finalement pas dupe mais heureux de la dĂ©mesure du spectacle.
đ§ âZombie Scrollâ : la campagne qui rĂ©veille les accros du feed
Les zombies du scroll, vous les connaissez ? Ce sont ces jeunes (et moins jeunes) qui dĂ©filent sur leurs Ă©crans sans fin, le regard vide Ă force de TikTok et dâInstagram Ă 3h du mat.
Ă lâoccasion de la JournĂ©e mondiale de la santĂ© mentale le 10 octobre, lâassociation SOS Addictions a frappĂ© fort avec une campagne choc baptisĂ©e « Zombie Scroll ».
Le concept : confronter les accros aux rĂ©seaux Ă leur propre comportement dĂ©lirant. Partout, des affiches ont fleuri dans les toilettes dâuniversitĂ©s, les couloirs de mĂ©tro, les salles dâattente â tous les lieux propices au scroll automatique. Sur chaque affiche, un QR code qui calcule votre « Zombie Score » en analysant votre usage des rĂ©seaux sociaux.
Se prendre en pleine face le rĂ©sultat de ses nuits blanches sur Ă©cran, ça fait rĂ©flĂ©chir ! Pour diffuser le message, une armĂ©e de crĂ©ateurs de contenu (Pich et Mel, Ellie Genvo, Charlie Haid, etc.) â cumulant 600 000 abonnĂ©s â a jouĂ© le jeu en partageant le QR code et en rĂ©vĂ©lant son propre Zombie Score sur TikTok et Insta.
Le ton est volontairement complice, pas moralisateur : « On ne dit pas que câest mal, on offre un moyen concret dâouvrir les yeux », explique Michael Illouz, le fondateur de lâagence Conceptory Ă lâorigine de la campagne. RĂ©sultat : des milliers de jeunes ont fait le test et partagĂ© leurs scores, crĂ©ant un buzz salutaire autour de lâhyperconnexion passive qui vampirise le temps de cerveau. MĂ©taphore maligne (le zombie, mi-effrayant mi-drĂŽle) et usage astucieux des codes des rĂ©seaux, voilĂ une opĂ©ration de sensibilisation rĂ©ussie. Scroll conscient > scroll inconscient, tel est le message â et pour une fois, tout le monde like sans modĂ©ration.
đïž Affaires publiques et rĂ©gulation
đłïž PublicitĂ© politique : lâEurope sort le Karcher de la transparence
Bruxelles appuie sur le gilet jaune des géants du ciblage politique. Depuis le 10 octobre, une réglementation inédite impose une transparence totale sur toutes les publicités politiques en Europe. Fini les contenus sponsorisés douteux sans origine claire : chaque pub à caractÚre électoral devra afficher qui paie quoi, pour quel public et pour quelle élection.
Lâobjectif : « assainir le dĂ©bat dĂ©mocratique » aprĂšs les scandales de dĂ©sinformation Ă rĂ©pĂ©tition. Cambridge Analytica, plus jamais, clame en substance lâUE en bĂątissant ce cadre unique au monde. Google et Meta, pas franchement ravis, ont choisi la stratĂ©gie de la bouderie : plutĂŽt que de se plier aux rĂšgles, ils suspendent purement et simplement toute pub politique sur leurs plateformes dans lâUE. Un coup de pression qui prive certes partis et ONG dâoutils de communication, mais que Bruxelles assume : « la libertĂ© dâexpression ne doit pas devenir la libertĂ© de manipuler », martĂšle le parlementaire Sandro Gozi. Les lobbies du numĂ©rique crient Ă la loi liberticide, tandis que les dĂ©fenseurs de la dĂ©mocratie saluent une avancĂ©e majeure. ConcrĂštement, aux prochaines Ă©lections, fini les micro-ciblages obscurs : chaque citoyen pourra consulter une bibliothĂšque en ligne listant toutes les pubs politiques en cours, avec leurs sponsors.
Un big bang de la transparence qui, espĂ©rons-le, redonnera un peu de confiance dans des dĂ©bats en ligne souvent nausĂ©abonds. LâEurope sâĂ©rige en gardien du temple dĂ©mocratique digital â quitte Ă se mettre Ă dos la Silicon Valley. Un bras de fer Ă suivre de prĂšs, oĂč dâautres rĂ©gions du monde regarderont qui cille le premier.
đ Big Brother sâen va-t-en guerre⊠et perd la bataille
La loi âChat Controlâ voulue par Bruxelles pour scanner nos messages privĂ©s Ă la recherche de contenus pĂ©dopornographiques a vĂ©cu ses derniĂšres heures â elle est dĂ©sormais cliniquement morte.
Le Conseil de lâUE devait voter mi-octobre sur ce texte ultracontroversĂ©, mais lâAllemagne a dit nein, entraĂźnant une minoritĂ© de blocage suffisante pour faire capoter le projet. Berlin, rejoint par les Pays-Bas et la Pologne, a jugĂ© le procĂ©dĂ© de surveillance gĂ©nĂ©ralisĂ©e « incompatible avec les principes dĂ©mocratiques ». Il faut dire que âlâouverture de toutes les lettresâ version numĂ©rique faisait lâunanimitĂ© contre elle : dĂ©fenseurs des libertĂ©s, experts en cybersĂ©curitĂ©, plateformes de messagerie chiffrĂ©eâŠ
Tous dĂ©nonçaient une atteinte disproportionnĂ©e Ă la vie privĂ©e. MĂȘme Signal menaçait de quitter lâEurope si la loi passait. En face, la France et quelques autres ont tout tentĂ© pour sauver lâarsenal, invoquant la lutte impĂ©rieuse contre la pĂ©docriminalitĂ© en ligne. Mais sans lâAllemagne (19% de la pop UE), impossible de rĂ©unir la majoritĂ© qualifiĂ©e. Game over donc pour le scannage automatisĂ© de nos conversations WhatsApp et DM Instagram â au grand soulagement de beaucoup. « MĂȘme les pires crimes ne justifient pas de sacrifier nos droits fondamentaux », a twittĂ© la ministre allemande de la Justice.
La Commission va devoir revoir sa copie pour concilier protection de lâenfance et respect du chiffrement. Ironie de lâhistoire, ce sont des pays dâEurope de lâEst, en pointe sur le sujet, qui ont portĂ© lâestocade finale alors mĂȘme quâils luttent contre dâautres ingĂ©rences numĂ©riques autoritaires. Bruxelles retiendra la leçon : en matiĂšre de rĂ©gulation, trop dâexcĂšs tue le texte.
đïž Lecornu II : premiĂšres salves Ă lâAssemblĂ©e
Ă peine nĂ©, le gouvernement Lecornu II goĂ»te dĂ©jĂ Ă lâĂąpretĂ© des affaires publiques Ă la française. Au menu de sa premiĂšre semaine : motions de censure tous azimuts et fronde ouverte de son propre camp Ă©largi. Les partis dâopposition nâont pas laissĂ© passer 24 heures avant de dĂ©poser leurs motions pour faire tomber ce gouvernement jugĂ© illĂ©gitime.
Fait notable, lâextrĂȘme gauche de LFI et lâextrĂȘme droite du RN, que tout oppose, se rejoignent opportunĂ©ment pour tenter de dĂ©gager Lecornu â âfront du refusâ inĂ©dit qui en dit long sur le climat parlementaire dĂ©lĂ©tĂšre. En face, Emmanuel Macron appelle au calme et Ă la responsabilitĂ©, depuis lâĂ©tranger qui plus est (en dĂ©placement au Proche-Orient).
« Ćuvrer Ă la stabilitĂ© », plaide le PrĂ©sident, fustigeant « ceux qui nourrissent la division ».
Ambiance. Le bras de fer politique-communicationnel est lancĂ© : dâun cĂŽtĂ© un exĂ©cutif qui tente de reprendre la main narrative en promettant une dĂ©claration de politique gĂ©nĂ©rale rassembleuse, de lâautre une opposition qui occupe lâespace mĂ©diatique en martelant lâargument du âdĂ©ni de dĂ©mocratieâ.
Dans les couloirs du pouvoir, on sâactive pour convaincre quelques dĂ©putĂ©s LR rĂ©calcitrants de ne pas voter la censure â le sort du gouvernement pourrait dĂ©pendre de ces tractations de lâombre. Le feuilleton de la confiance ne fait que commencer, et les communicants du gouvernement vont devoir naviguer Ă vue entre Ă©lĂ©ments de langage rassurants et contre-feux aux attaques adverses.
Bienvenue en Lecornucratie, saison 2 épisode 1 : un test grandeur nature de gestion de crise politique et de storytelling de la légitimité.
đĄïž Gestion de crise et rĂ©putation
â ïž Meta dans la tourmente des deepfakes politiques
Nouveau scandale dans la machine Meta : une ONG amĂ©ricaine rĂ©vĂšle que les pubs politiques les plus financĂ©es sur Facebook ces derniers mois Ă©taient⊠des deepfakes hyperrĂ©alistes de personnalitĂ©s publiques. En clair, des vidĂ©os truquĂ©es mettant en scĂšne de faux Donald Trump ou dâautres figures politiques, utilisĂ©es par des comitĂ©s dâaction politique pour diffuser de la dĂ©sinformation virale.
Et non seulement ces contenus ont prospéré sur les plateformes de Meta, mais ils figurent parmi les plus gros budgets publicitaires recensés ! Tollé immédiat : Meta est accusé de laxisme, voire de duplicité, aprÚs avoir pourtant claironné lutter contre les manipulations en ligne.
LâONG Tech Transparency Project, Ă lâorigine de lâenquĂȘte, parle dâ« Ă©chec retentissant » dans la modĂ©ration. CĂŽtĂ© Meta, on tente de calmer lâincendie : la sociĂ©tĂ© assure renforcer ses filtres pour dĂ©tecter ces vidĂ©os deepfake et promet des sanctions contre les annonceurs vĂ©reux.
Pas sĂ»r que cela suffise Ă rassurer. La presse sâempare de lâaffaire, qui tombe mal alors que lâEurope vient de serrer la vis sur les pubs politiques (double peine pour Meta cette semaine). Au-delĂ du cas particulier, câest la rĂ©putation de fiabilitĂ© de Facebook et Instagram qui prend un coup : la question âPeut-on encore croire ce quâon voit en ligne ?â revient hanter les esprits, et Meta se retrouve dans le rĂŽle du gardien dĂ©passĂ© par sa propre crĂ©ature. Un sĂ©rieux cas dâĂ©cole en gestion de crise numĂ©rique : reconnaĂźtre le problĂšme sans effrayer davantage, coopĂ©rer avec les rĂ©gulateurs sans se renier⊠et Ă©viter lâexode des annonceurs effrayĂ©s par ce Far West digital. Mark Zuckerberg navigue en eaux troubles â et chaque jour compte pour Ă©teindre lâincendie reputâ.
𧹠« Hat-gate » : quand un tycoon vole un chapeau⊠et détruit son image
Câest lâhistoire dâun milliardaire polonais qui pensait faire un geste anodin en attrapant la casquette jetĂ©e par un joueur vers un enfant, lors de lâUS Open de tennis. Geste de fair-play mal interprĂ©tĂ© ?
Quoi quâil en soit, la vidĂ©o a tournĂ© en boucle : on y voit Piotr âPeterâ Szczerek subtiliser sous le nez du petit Brock la casquette dĂ©dicacĂ©e que le champion venait de lui offrir. En quelques heures, Szczerek est devenu « lâhomme le plus dĂ©testĂ© dâInternet ». Sa sociĂ©tĂ© de BTP, Drogbruk, a vu sa fiche Google bombardĂ©e dâavis nĂ©gatifs et son TrustPilot fermĂ© pour cause de âtrop dâattention mĂ©diatiqueâ.
Un dĂ©sastre de rĂ©putation en temps rĂ©el. Face au tollĂ©, lâintĂ©ressĂ© a jouĂ© la seule carte possible : les excuses publiques en bonne et due forme. Sur son compte Facebook, il a admis « une Ă©norme erreur », expliquant avoir cru Ă tort que la casquette lui Ă©tait destinĂ©e et nâavoir « jamais voulu priver lâenfant de son souvenir ». Il a restituĂ© lâobjet et prĂ©sentĂ© des excuses personnelles au petit garçon et Ă sa famille.
Le joueur impliquĂ©, Kamil Majchrzak, est mĂȘme allĂ© rencontrer lâenfant pour apaiser les choses. Morale de lâhistoire : en une seconde dâinattention, Szczerek a anĂ©anti des annĂ©es de philanthropie â « une leçon dâhumilitĂ© cruelle », a-t-il Ă©crit, dĂ©sormais conscient de comment « une seule bourde peut effacer des annĂ©es de bienfaits ». Sa rĂ©action rapide et transparente a permis dâĂ©teindre partiellement lâincendie, mais le bad buzz restera dans les annales. Pour les communicants, câest un cas dâĂ©cole Ă©clairant : la rĂ©putation dâun dirigeant (et de son entreprise) peut basculer sur un simple geste captĂ© en vidĂ©o, et la rĂ©ponse doit ĂȘtre immĂ©diate, sincĂšre et sans faux-fuyant. Hat-gate aura au moins servi de piqĂ»re de rappel : toujours tourner sept fois sa casquette avant dâagirâŠ
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đ° Presse vs. Meta : le bras de fer des « droits voisins »
En France, un conflit feutrĂ© mais fĂ©roce se joue entre les Ă©diteurs de presse et Meta au sujet des droits voisins, ces redevances censĂ©es rĂ©munĂ©rer les journaux pour lâutilisation de leurs contenus en ligne.
Cette semaine, lâAlliance de la presse dâinformation gĂ©nĂ©rale (APIG) a sorti lâartillerie lourde : plainte devant lâAutoritĂ© de la concurrence contre Meta, accusĂ© de ne « toujours pas jouer le jeu ». MalgrĂ© une directive europĂ©enne et une loi française obligeant plateformes et Ă©diteurs Ă nĂ©gocier, Meta traĂźnerait les pieds et userait de tactiques dilatoires pour Ă©viter de payer la juste part aux mĂ©dias dont il diffuse les articles.
LâAPIG parle de mĂ©pris et dâabus de position dominante, rien de moins. Chez Meta, on se dĂ©fend en assurant avoir « la volontĂ© dâaboutir Ă un accord Ă©quilibrĂ© » tout en arguant que la valeur apportĂ©e aux journaux (trafic, visibilitĂ©) compense dĂ©jĂ largement. Ambiance douche froide entre partenaires obligĂ©s. Cette saisine de lâAutoritĂ© de la concurrence est une premiĂšre dans le monde â et pourrait valoir Ă Meta des sanctions financiĂšres sĂ©vĂšres sâil est reconnu coupable de ne pas nĂ©gocier de bonne foi.
En filigrane, câest la question de la survie dâune presse libre et financĂ©e qui se pose face aux gĂ©ants du Net. Les quotidiens français, privĂ©s des recettes publicitaires parties chez Google/Meta, voient dans les droits voisins un bol dâoxygĂšne indispensable.
Si Meta esquive, câest tout un pan de lâinformation qui souffre. Image ternie pour le groupe de Zuckerberg, accusĂ© de ne pas respecter les lois et de maltraiter les mĂ©dias locaux. Une crise de rĂ©putation de plus dans son escarcelle â et un front judiciaire Ă surveiller de prĂšs, car lâissue pourrait faire jurisprudence en Europe. Meta vs. MĂ©dias, saison 3, Ă©pisode 5âŠ
To be continued.
đ€ Intelligence artificielle et outils
đïž Californie : une loi âIAâ sous la dictĂ©e des Big Tech
La Californie aime jouer les pionniĂšres, mais sur lâIA, elle avance Ă pas comptĂ©s. Le gouverneur Newsom vient de signer la premiĂšre loi amĂ©ricaine sur la sĂ©curitĂ© de lâintelligence artificielle, censĂ©e encadrer les modĂšles les plus avancĂ©s⊠du moins sur le papier. Car sous lâaimable pression des Google, Meta & co, le texte final a Ă©tĂ© fortement Ă©dulcorĂ©.
Adieu les contraintes trop lourdes pour les gĂ©ants du secteur : la loi se contente dâexiger des entreprises quâelles Ă©valuent et rapportent certains risques de leurs IA, sans imposer de freins ou dâaudits indĂ©pendants vraiment coercitifs. Bref, du soft power lĂ©gislatif. Newsom assume cette approche light, arguant quâil faut âĂ©viter de brider lâinnovationâ tout en fixant un cadre Ă©thique minimal. Ses dĂ©tracteurs, eux, dĂ©noncent une loi attrape-tout sans dents, Ă©crite en partie âsous la dictĂ©e des Big Techâ.
Reste que ce Senate Bill 294 (câest son petit nom) Ă©tablit un prĂ©cĂ©dent aux Ătats-Unis â un pays oĂč, jusquâici, lâIA Ă©voluait sans garde-fous. DĂ©sormais, un comitĂ© consultatif planchera sur des guidelines et remettra un rapport dâici fin 2025. Symboliquement, lâĂtat le plus high-tech du monde admet que lâIA ne peut avancer en roue libre. ConcrĂštement, il faudra repasser pour une rĂ©gulation costaude : on en est encore au stade du voeu pieux.
LâEurope, avec son AI Act autrement plus ambitieux, regarde cela dâun oeil circonspect. Silicon Valley 1 â RĂ©gulateurs 0, pour lâinstant. Mais la partie ne fait que commencer sur le terrain glissant de la rĂ©gulation de lâIA.
đ§ ChatGPT restreint son mode dâemploi pour les ados
Tournant prudent chez OpenAI : face aux premiers drames liĂ©s Ă lâutilisation de chatbots par des mineurs, la startup de Sam Altman a dĂ©cidĂ© de brider ChatGPT pour les moins de 18 ans. Une sĂ©rie de nouvelles rĂšgles va empĂȘcher lâIA de tenir des propos inappropriĂ©s avec des adolescents.
Exit les âflirt dâado virtuelâ : ChatGPT ne fera plus de bavardages ambigus ou suggestifs avec les mineurs. Surtout, lâIA sera instruite pour dĂ©tecter toute dĂ©rive suicidaire chez un jeune utilisateur : si un ado sollicite le chatbot autour dâidĂ©es noires, ce dernier ne se contentera plus de fournir une rĂ©ponse polie â il alertera les parents, voire les services dâurgence en cas de danger imminent.
Câest quâOpenAI est poursuivi en justice par des familles endeuillĂ©es, dont celle dâun jeune homme qui sâest suicidĂ© aprĂšs des Ă©changes prolongĂ©s avec ChatGPT. On a dĂ©couvert que certains modĂšles tiers incitaient quasi au passage Ă lâacte ou entretenaient un dĂ©lire suicidaire â scĂ©nario catastrophe pour lâimage de ces IA.
Altman a donc tranchĂ© : âSafety first pour les ados, au diable la sacro-sainte neutralitĂ©â. En pratique, les comptes ChatGPT liĂ©s Ă un parent pourront dĂ©finir des âheures de couvre-feuâ oĂč lâado ne pourra pas tchatter la nuit. Et lâalgorithme va prĂ©sumer mineur au moindre doute pour appliquer les filtres les plus stricts.
Bien sĂ»r, cela pose la question de la vie privĂ©e (comment vĂ©rifier lâĂąge sans ficher tout le monde ?), mais lâentreprise assure travailler Ă des solutions anonymisĂ©es robustes. En attendant, ce revirement est saluĂ© par nombre dâexperts : mieux vaut un chatbot un peu moins libre quâun adolescent un peu moins vivant.
LâIA apprend de nos erreurs, dit-on â ici, elle le fait malheureusement au prix dâun cas tragique, mais au bĂ©nĂ©fice de tous les autres utilisateurs jeunes et vulnĂ©rables.
đźđč LâItalie dĂ©gaine sa loi IA avant tout le monde
Surprise sur le Vieux Continent : Rome coiffe Bruxelles au poteau en adoptant la toute premiĂšre loi nationale dĂ©diĂ©e Ă lâintelligence artificielle en Europe. La loi italienne n°132/2025, approuvĂ©e mi-septembre et entrĂ©e en vigueur le 10 octobre, impose un cadre aux usages de lâIA bien avant lâapplication du futur AI Act europĂ©en (attendu pour 2026). Au menu transalpin : interdiction des systĂšmes dâIA Ă scoring social, obligation de signaler les contenus gĂ©nĂ©rĂ©s par IA (bonjour les deepfakes), et crĂ©ation dâun fonds de soutien Ă la recherche en IA Ă©thique.
Pourquoi lâItalie se prĂ©cipite-t-elle ? Sans doute Ă©chaudĂ©e dâavoir Ă©tĂ© la premiĂšre Ă bloquer ChatGPT au printemps 2023 pour des manquements RGPD, elle veut montrer lâexemple en matiĂšre de rĂ©gulation responsable. Cette loi italienne anticipe et complĂšte le rĂšglement europĂ©en Ă venir, un peu comme un hors-dâĆuvre lĂ©gislatif. CĂŽtĂ© entreprises tech, on grince des dents en privĂ© : devoir se conformer dĂšs maintenant Ă des rĂšgles locales alors quâun cadre europĂ©en harmonisĂ© arrive, câest un casse-tĂȘte. Mais cĂŽtĂ© citoyens, on salue la volontĂ© de protĂ©ger dĂšs aujourdâhui contre les dĂ©rives potentielles de lâIA (discrimination algorithmique, manipulations, etc.).
Message politique fort : lâItalie de Giorgia Meloni, souvent critiquĂ©e sur dâautres sujets, entend se poser en championne de lâIA Ă©thique. Et tant pis si ça bouscule un peu dĂ©veloppeurs et start-ups â le gouvernement italien assume la prudence proactive.
LâEurope vivra donc pendant un an et demi avec un patchwork de lois IA (lâItalie en avance, dâautres pays sans rien, et lâAI Act en filigrane). Un dĂ©fi de cohĂ©rence, mais aussi un test rĂ©el de ces mesures en conditions nationales. Tous les yeux sont rivĂ©s sur Rome pour voir comment cette loi IA 0.9 se traduit sur le terrain. Le laboratoire italien de la rĂ©gulation IA est ouvert⊠pendant que Bruxelles potasse encore ses textes dĂ©finitifs.
đ Sources :
Public SĂ©nat â « Lecornu II : dĂ©couvrez la composition du nouveau gouvernement »publicsenat.frbfmtv.com
BFMTV â « Le nouveau gouvernement Lecornu dĂ©jĂ sous la menace dâune censure »bfmtv.combfmtv.com
The PR Post â « Lin-Hua Wu named Chief Communications & Marketing Officer of General Motors »theprpost.comtheprpost.com
Nomination (via VD Communication) â « Julie RĂ©gis nommĂ©e Directrice de la marque et de la communication de Qonto »vd-communication.fr
CB News â « Un doigt dâhonneur Ă la maladie de Charcot »cbnews.frcbnews.fr
Jâai un pote dans la com â « Columbia mise sur lâabsurde pour sa nouvelle campagne »jai-un-pote-dans-la.comjai-un-pote-dans-la.com
La RĂ©clame â « Superprof campagne internationale â 87seconds »lareclame.frlareclame.fr
Campaign India â « AWNY announces first global creator economy network »campaignindia.incampaignindia.in
Les Gens dâInternet â « Ă lâoccasion de la journĂ©e mondiale de la santĂ© mentale⊠Zombie Scroll »gensdinternet.frgensdinternet.fr
Les Gens dâInternet â « Etam, Wilkinson Sword, Duolingo⊠les collaborations des crĂ©ateurs autour du GP Explorer 3 »gensdinternet.frgensdinternet.fr
La DĂ©pĂȘche â « LâEurope impose la transparence totale pour assainir la publicitĂ© politique »ladepeche.frladepeche.fr
Reuters â « Meta to halt political advertising in EU from October, blames EU rules »reuters.comreuters.com
Computing (UK) â « Germany rejects EUâs âChat Controlâ law, likely killing it »computing.co.ukcomputing.co.uk
ABC News (via LiveNOW) â « Coldplay kiss cam viral scandal â Astronomer CEO resignation »livenowfox.comlivenowfox.com
The Economic Times â « US Open hat-snatch scandal: Polish tycoon apologizes »economictimes.indiatimes.comeconomictimes.indiatimes.com
The Media Leader (FR) â « Sous pression de Big Tech, la Californie adopte une loi allĂ©gĂ©e sur lâIA »
TechCrunch â « OpenAI will apply new restrictions to ChatGPT users under 18 »techcrunch.comtechcrunch.com
Squire Patton Boggs â « Italian Law No.132/2025 on Artificial Intelligence (Oct. 2025) »dataprotectionreport.comtechnologyslegaledge.com
OpenAI (blog) â « Disrupting malicious uses of AI â Oct 2025 »openai.comopenai.com
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